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LE SYMBOLISME DE L'AIGLE

Symbole si considérable qu’il n’est point de récit ou d’image, historique ou mythique, dans notre civilisation comme dans toutes les autres, où l’aigle n’accompagne, quand il ne les représente pas, les plus grands héros.

Il est l’attribut de Zeus (Jupiter) et du Christ, l’emblème impérial de César et de Napoléon, et, dans la prairie américaine comme en Sibérie, au Japon, en Chine, comme en Afrique, chamans, prêtres et devins aussi bien que rois et chefs de guerre empruntent ses attributs pour participer à ses pouvoirs.

Symbolisme général

Parmi les êtres volants de la création règne un ordre hiérarchique au sommet duquel se trouvent naturellement les plus forts. Ces oiseaux ne se contentent pas de dominer les plus petits et les plus faibles, ils peuvent enlever du sol, là où ils les ont surpris, des êtres vivants qui ne peuvent compter que sur la fuite pour leur échapper.
Leur biologie et leur comportement naturel prédestinaient les grands oiseaux de proie, les rapaces, à représenter le monde des Dieux aux yeux des hommes. Quoi d’étonnant que l’aigle et les oiseaux qui lui sont apparentés soient devenus les principaux symboles du ciel et des Dieux.

Avec les ailes déployées, l’aigle symbolise les lignes brisées de l’éclair, ainsi que les bras de la croix. Ces deux images sont les symboles de la civilisation des chasseurs pour l’éclair, et des agriculteurs pour la croix (la croix foliacée du Mexique stylisant la pousse du maïs dicotylédone). D’une façon générale, l’Oiseau-tonnerre – aigle d’Ashur et de Zeus – à mesure que le temps passe et que les cultures se mélangent, devient aussi le Seigneur de la Fertilité et de la Terre symbolisée par la Croix. On le retrouve souvent gravé sur les fonds baptismaux. Son envolée vers les cieux était d’ailleurs associée à l’Ascension du Christ pour les premiers chrétiens.

Dans les songes l’aigle, comme le lion, est un animal royal qui incarne des pensées élevées et dont la signification est presque toujours positive. Il exprime le brusque saisissement, la passion qui consume l’esprit. Son caractère d’oiseau de proie qui enlève ses victimes dans ses serres pour les conduire en des lieux d’où elles ne peuvent s’échapper, lui fait symboliser aussi une volonté de puissance inflexible et dévorante.

Appliqué à la Tradition Chrétienne, le même renversement d’images conduit du Christ à l’Antéchrist : l’aigle symbole d’orgueil et d’oppression, n’est plus dès lors que rapace cruel et ravisseur. Les bestiaires du moyen-âge comparent l’aigle à Adam, car le Roi des oiseaux se meut dans les sphères les plus hautes des cieux, mais il se laisse tomber sur terre dès qu’il aperçoit une proie. De même, Adam était à l’origine tout proche des cieux, jusqu’à ce qu’il aperçoive le fruit défendu qui l’attira sur terre.

Mythologie

L’Aigle est très souvent considéré comme un attribut ou un emblème de Zeus. Il est serviteur de Zeus et antérieur à celui-ci dans la théogonie et symbolisait déjà le porteur du feu divin avant la naissance du maître de l’Olympe. En effet si ce sont les colombes d’Aphrodite qui ont nourri l’enfant Zeus caché dans une caverne de l’Ida, avec l’ambroisie qui lui donna l’immortalité, c’est un aigle qui lui apporta une boisson désaltérante, le Nectar, boisson divine qui devait lui donner l’illumination. Les foudres de Jupiter, que porte l’aigle, sont le symbole des forces émanant du feu créateur.

Dans la mythologie asiatique, la vieille religion des Hindous faisait déjà de l’aigle le symbole de Vishnou. L’aigle est le substitut du soleil ; il en est de même dans les mythologies amérindiennes. Dans « la danse qui regarde le soleil », chez les indiens des prairies, la plume d’aigle et l’os d’aigle sont indispensable à ceux qui doivent subir ce rituel. On retrouve sensiblement la même identification chez les Aztèques et au Japon.

L’aigle est étroitement lié aux pratiques chamaniques, tant en Sibérie qu’en Amérique. Lorsqu’il veut soigner un patient, le chaman part en effet à la quête de son âme égarée – car c’est la perte de son âme qui provoque la maladie – dans une transe induite par la danse, les chants et les plantes hallucinogènes. C’est l’aigle qui guide le vol du chaman à travers l’espace, et la plume d’aigle, par métonymie – la partie pour le tout – est très souvent considérée comme une très puissante médecine, car elle emporte le mal avec elle.

Dans leur représentation de l’univers, les indiens Zunis placent l’aigle avec le soleil au Zénith (cinquième point cardinal, le sixième étant le Nadir, et le septième, le centre, la place de l’homme). Il se trouve ainsi placer sur l’axe du monde.
Dans la Chine antique, l’aigle était également symbole de force et de solidité (ying, aigle, se prononce de la même façon que le mot chinois signifiant « héros »). Assis sur un rocher, il était l’image d’un guerrier solitaire, et assis sur un pin, celle de la longévité dans toute sa force et son caractère immuable.

Symbole initiatique

L’Aigle, symbole initiatique, semble antérieur aux récits antiques, et fut sans doute révélé par les premiers occupants d’origine atlante. Nous retrouvons le symbolisme de l’aigle en Amérique, plus précisément au Mexique, où ses rapports avec le serpent sont apparents.
Ce symbole traditionnel, repris dans l’héraldique nationale, figure un aigle tenant un serpent dans ses serres. On peut supposer qu’il s’agit de l’image de l’oiseau divin maîtrisant le serpent astral, mais il est probable que ce soit plutôt la représentation du démiurge – Zeus en ayant toutes les prérogatives – qui s’efforce de maintenir et de maîtriser le serpent de feu vénusien.

Cette dernière hypothèse est corroborée par le fait que la tête du serpent est représentée au-dessus de celle de l’aigle, signifiant que l’aigle est en lutte permanente avec les propres forces qui l’animent. Le serpent est le plus fin et le plus avisé des animaux. Lorsqu’il est représenté au-dessus de la tête de l’aigle (qui est le symbole de Saint Jean l’Evangile), il signifie que Jean est le plus avisé de tous les apôtres, c’est celui qui a la connaissance car il reçoit la lumière (la connaissance) directement du Christ Solaire, et il en reçoit également la chaleur, le feu Divin, le Feu de l’Esprit Saint.

L’aigle et le serpent entrelacés semble suggérer une version modernisée du serpent à plumes dans laquelle les plumes de l’oiseau recouvrait le reptile qui devenait ainsi fils de Dieu et fils de l’Homme sur le plan cosmique.

Le mariage des forces ouraniennes et des forces chthoniennes s’équilibrent. L’iconographie féodale tend à confirmer cette hypothèse en rapprochant et en confrontant fréquemment l’Aigle et le Lion.
Chez les Aztèques existaient deux confréries guerrières; celle des chevaliers-aigles et celle des chevaliers-jaguars (proche du lion) exprimant ainsi une dualité Ciel-Terre. Doté de la force solaire, l’aigle devient l’Initiateur, le psychopompe, entraînant l’âme du chaman à travers les espaces invisibles.

La tradition occidentale dote l’aigle de pouvoirs exceptionnels, qui le place au-dessus des contingences terrestres. Lorsqu’il s’expose au soleil et que son plumage devient brulant, il plonge dans une eau pure et retrouve ainsi une nouvelle jeunesse ; on peut parler ici d’alchimie et d’initiation. Il emporte les âmes des défunts sur ses ailes vers le ciel, ou bien, s’il descend, il signifie la descente de la Lumière sur la terre.
Les mystiques du moyen-âge comparent la prière aux ailes de l’aigle s’élevant vers Dieu. Sur certains vitraux gothiques l’aigle emporte dans les airs ses enfants encore incapables de voler afin qu’ils apprennent à regarder la lumière du soleil. Il est à la fois le guide et l’initiateur.

Symbole Biblique

C’est cette force et ce caractère de « porte-foudres » ou de gardien du feu, qui est attribué au plus ésotérique et initiatique des évangiles, celui de Saint-Jean. Mais une raison moins connue a contribuée à faire de l’aigle l’emblème de Saint-Jean ; c’est le fait que, si le soleil donne la vie à tout notre système planétaire local, c’est la lune qui la diffuse spécialement à notre mère la terre, selon la révélation primitive. Ainsi l’aigle indique l’union des cultes solaires et lunaires représentés dans le christianisme par la parenté du Christ Solaire rédempteur et du Jéhovah Lunaire démiurgique.

En effet, pour les pères de l’église primitive, qui connaissaient le grand secret des mystères antiques, la lune était le symbole de Jéhovah, le dispensateur de la vie et de la mort. Ils savaient en outre que la lune est par excellence la divinité triple, prototype de toutes les trinités des mystères anciens et modernes, la lune étant fécondée par le soleil et enfantant la vie. Dans le symbolisme biblique, l’aigle représente les états spirituels supérieurs et donc les Anges.

Ezéchiel, I, 10 : « Tous les quatre avaient une face d’aigle. Leurs ailes étaient déployées vers le haut ; chacun avait deux ailes se touchant et deux ailes lui couvrant le corps ; et ils allaient là où l’esprit les poussait… »

Apocalypse, IIII, 7,8 : « Le quatrième vivant est comme un aigle en plein vol… »

Le pseudo-Denys l’Aéropagite explique la représentation de l’ange par l’aigle : « La figure de l’aigle indique la royauté, la tendance vers les cimes, le vol rapide, l’agilité, la promptitude, l’ingéniosité à découvrir les nourritures fortifiantes, la vigueur d’un regard tendu librement, directement et sans détour vers la contemplation de ces rayons, que la générosité du soleil théarchique multiplie… »

C’est un symbole de contemplation auquel se rattache l’attribution de l’aigle à Saint Jean et à son évangile. Identifié au Christ dans certaines œuvres du moyen-âge, il exprime à la fois son ascension et sa royauté. Les psaumes en font un symbole de régénération spirituelle, comme le phénix.
L’aigle qui se renouvelle c’est le chrétien qui, plongé dans la fontaine spirituelle, peut jouir ainsi de la vue du vrai soleil qui est le Christ.

Les qualités qui ont permis de considérer l’aigle comme le roi des oiseaux, ont été dans les livres saints, depuis le Cantique de Moïse jusqu’à l’Apocalypse de Saint Jean, signalés avec une poésie d’expression qui devait attirer sur lui l’attention de l’auteur et des commentateurs du Physiologus. Ainsi que le lion, il a été pour l’antiquité païenne, l’objet d’emblèmes les plus variés, et il a pris une place non moins brillante dans notre symbolique chrétienne.

L’aigle est chez Eustache et Epiphane la figure de Dieu, des anges, des fidèles, et du plus sublime des Apôtres, Jean. C’est l’esprit qui s’élève dans les sublimes régions de l’idéal. Dans l’iconographie chrétienne, il est également associé à Elie le prophète montant aux cieux. Les différentes significations qu’il peut revêtir ; force, régénération, contemplation, sagacité, noblesse, sont donc presque toujours positives et c’est pourquoi, dans l’antiquité, il était considéré comme l’attribut de Jupiter.

En Egypte

On retrouve en Egypte le symbole de l’épervier qui n’est pas éloigné de celui de l’aigle. L’épervier était consacré à Horus, le soleil levant, et symbolisait la renaissance de la divinité. Elien, écrivain du IIIe siècle, écrivait que l’épervier, comme l’aigle, était l’un des rares oiseaux à pouvoir regarder le soleil sans fermer les yeux. Ils s’élèvent très haut, dit-il, et le feu de la flamme divine ne leur fait aucun mal.

En Egypte, nous constatons que les hiérophantes et certains Dieux sont représentés par une tête d’épervier, montrant qu’ils sont capables de contempler spirituellement la lumière divine. Porphyre raconte également que « les éperviers ont de la compassion pour l’homme et qu’ils gémissent sur leurs dépouilles étendues et répandent de la terre sur leurs yeux ». C’est peut-être là la raison qui a fait choisir aux égyptiens l’Epervier comme hiéroglyphe de l’âme.

Les anciens égyptiens donnaient à leurs rois des ornements représentant des vautours et des faucons à l’aspect quasi héraldique. On en trouve dans les tombeaux royaux, suspendus à une chaîne passée au cou ou bien consistaient en plaques pectorales fixées de différentes façons sur les défunts. Ces oiseaux ont en commun de tenir dans leurs serres des pierres précieuses de forme circulaire symbolisant aussi bien la terre que l’univers tout entier. Comme les égyptiens, les peuples d’Assyrie et de Chaldée représentaient surtout le soleil sous la forme d’un disque pourvu de deux ailes étendues, de deux grandes ailes d’aigle.

Héraldisme

Le caractère lunaire et bisexué de la force représenté par l’aigle, a laissé en français une trace vivante, car si ce mot désigne simplement l’animal il prend un caractère masculin, mais s’il prend le sens symbolique d’emblème ou bien d’étendard, il devient féminin.
L’aigle fut l’un des premiers animaux figurant au sein des armoiries et des blasons. Nous le retrouvons en Bolivie, en Equateur, mais aussi en Autriche, Allemagne, Russie. Il est utilisé comme meuble et prend souvent la forme bicéphale, rappelant sa double force démiurgique.

Emblème de la force divine triomphante, cette forme bicéphale donna naissance aux aigles des légions romaines. L’empire français porta également son aigle, mais celui-ci a perdu de sa verve et n’a plus l’aspect farouche de ses prédécesseurs médiévaux. L’aigle de Napoléon était dessiné dans un style calme et pompeux et ne convenait pas à celui qui devait faire front de tous côtés pendant son règne.

Tel est cet oiseau qui était bien le symbole que devait arborer un puissant organisateur, un zélé réformateur ou un législateur génial, mais il ne convenait pas comme emblème pour Napoléon ; preuve s’il en est, que l’on ne change pas impunément l’aspect d’un symbole universellement reconnu depuis la préhistoire comme celui d’une force active et combattante sans cesse en œuvre sur le plan spirituel comme sur le plan matériel. Tueur de serpents et de dragons, l’aigle est le symbole de la victoire de la lumière, mais pas nécessairement de la matière.

L’étendard de l’Iran achéménide était composé d’un aigle d’or aux ailes déployées et posé au bout d’une lance, ce qui voulait symboliser la puissance et la victoire des Perses dans les guerres. Dans les antiques civilisations d’Asie Mineure, l’aigle bicéphale était le symbole du pouvoir suprême. Dans les traditions chamaniques d’Asie Centrale, il est fréquemment représenté au sommet de la colonne du monde, plantée au milieu du village comme une sorte de totem.

L’aigle est, avec le lion, l’animal le plus représenté en héraldique européenne, mais de façon toujours très stylisée, obéissant ainsi à un souci de symétrie et fort éloigné de la réalité. On suppose que ce symbole bicéphale est à rapprocher de la double fonction revêtue par les souverains, à la fois Empereurs du Saint Empire Romain Germanique et Rois d’Allemagne. De l’aigle impérial vient la noblesse allemande qu’il protège.

Saint-Jean

Pour O. Wirth, jean viendrait de l’hébreu “Jehoh Anna” qui se traduit par “celui que Jeho favorise” et Jeho est le nom du soleil ! Jehoh Anna - Johannes - Jehan ou Jean devient ainsi synonyme d’homme éclairé par le soleil ou illuminé.

En hébreu, Johhâna veut dire « remplir de grâce » ou « qui est en faveur de..., le Seigneur Bienfaisant », cela est du à la racine du nom « Hhânaâ » (faire grâce) qui a donné le prénom de « Anne » (la Gracieuse ou la Bienfaisante) ; ce n’est pas par hasard si la Mère de Notre Seigneur Jésus-Christ se prénomme « Anne ».

Mais l’on peut également faire un curieux rapprochement entre le mot Ioan et le nom Ionie – en effet, selon Jean Réveille et Maurice Goguel - le 4ème Évangile aurait été écrit à Ephèse, en Ionie dont ioan fut le premier Évêque. Son Évangile est d’ailleurs écrit en Grec. L’Ionie fut le foyer spirituel de la Grèce et du monde antique, là vécurent entre autres, Homère et Pythagore.

D’ou vient le prénom de Jean ? Originairement c’est “ioannes” qui est devenu “jehan” puis Jean en français. Comme nous l’avons vu, il est souvent représenté par un aigle, certainement parce que le roi des oiseaux est un de ceux qui, par sa puissance, peut voler au plus près du soleil et ainsi se rapprocher de sa lumière et de sa chaleur, de la connaissance et du feu divin, incarné par le Christ Solaire, s’en imprégner et revenir sur terre pour nous transmettre ses bienfaits Au candidat à l’initiation, l’Apôtre bien aimé, l’Evangéliste, prêche la loi d’Amour et nous dit à nous : « aimez vous les uns les autres ».

Les noms de “Ionie” et “d’Ephèse” sont eux aussi intéressants à examiner, en Grec “ion” signifie violet, le violet est la couleur de la spiritualité. Le mot “Ephèse” se rattache au grec Ephèsis qui signifie Désir.

Sur un autre plan, il est important de signaler que Jean l’Evangéliste soit venu terminer sa vie terrestre à Ephese, capitale de l’Ionie, dont il porte le nom et dont il est le premier évêque. Au surplus, c’est dans cette contrée que Marie fini ses jours. C’est donc bien un nom et un lieu dans lequel souffle l’Esprit, et l’Esprit est symbolisé à travers toutes les civilisations traditionnelles par la Colombe qui descend sur Jésus au baptême dans le Jourdain. Or, en hébreu, le mot « Colombe » se dit « Ionah ».

Le symbolisme de l’aigle et son rapport ave le soleil nous amène à une réflexion identique concertant le rapport existant entre l’apôtre évangéliste Saint-Jean et le Christ incarné en Jésus. Rappelons que si Jean le Baptiste est le gardien de la « Porte des Hommes », Jean l’Evangéliste est le gardien de la « Porte des Dieux ; la porte est symbole de révélation. Le Christ est oiseau dans l’emblématique chrétienne sous les figures de la Colombe, du pélican, du Phénix, du Cygne, de l’Ibis, de la Grue, de la Cigogne, et la liste n’est pas exhaustive.

L’aigle de Saint-Jean enlève Ganymède (Agni – la Connaissance) tout comme c’est un aigle qui enlève Dante jusqu’au ciel où il se trouve en présence de Lucie, Lux, Lucis, la Lumière hypostasiée. Or, Ganymède (la Connaissance) possède un vase, une urne dans ses mains. Ganymède est l’homme du Verseau, c’est l’échanson des Dieux, et son nom signifie ; celui qui conduit, qui possède Agni. Dans les cartes célestes, il est représenté versant le contenu de son urne à travers les cieux. On retrouve le même symbolisme dans le ciboire du prêtre contenant le vin sacré de l’eucharistie.

Jean est depuis le début de l’ère chrétienne le détenteur de cette urne, ce vase symbolique taillé dans une émeraude qui formait la couronne de Lucifer avant sa chute. Jean est donc souvent représenté tenant à la main ce vase sacré d’où sort un serpent, donc le nom en grec « Ophis » renferme « Phos » la lumière…

Il y a donc identité entre Agni et Ganymède qui détient le vase sacré. Jean étant le détenteur du Graal, si Ganymède est l’échanson des Dieux (des initiés), Jean (Ioan) est le chef des initiés à la Gnose. L’avènement de Ganymède avec l’ère du verseau, c’est donc l’avènement de l’Eglise Johannite, trop longtemps oubliée et persécutée.

L’Aigle étant l’attribut de Saint-Jean, nous allons confirmer son symbolisme, notamment au cœur du Tarot. Jean est un signe d’Air et il est symbolisé par un oiseau, l’aigle. Dans l’arcane du Bateleur, le signe de l’esprit était l’épée qui en pénétrant la chair de l’homme, l’informe sur un plan involutif.

Avec l’arcane le monde, dans lequel Saint-Jean est figuré par l’aigle, nous sommes à l’aboutissement du voyage initiatique aboutissant à la sortie de la matière pour une plus haute élévation spirituelle. L’évangile de Jean est l’évangile spirituel, celui de l’amour universel et de la Connaissance de Dieu, celui qui nous conduira vers les états supérieurs de conscience et fera de nous des enfants de Dieu.

Le Christ est identifié à l’Aigle de Saint-Jean car il conduit les âmes vers Dieu. Le rôle de conducteur des âmes vers les Dieux célestes que les anciens donnaient à l’aigle fut conservé fort à propos à l’Aigle-Christ. Non seulement c’est Lui le Rédempteur, celui qui a ouvert aux âmes les portes des divins domaines, mais n’est-ce pas Lui, le Christ, qui élève les pensées des hommes que la matière cherche à appesantir.

Nous ajoutons que si les quatre animaux figurent bien les quatre évangélistes, le Tétramorphe, dans son aspect hiératique d’un seul et unique Etre à faces multiples – Lion, Bœuf, Aigle et Homme – condense en lui les différentes formes christiques afin de réunir en nous toute la puissance de la création qu’il symbolise et qui est nécessaire à notre compréhension et afin que les quatre écrits résumant la vie du Christ nous élèvent jusqu’à Lui.

Louis Charbonneau-Lassay nous dit entre autre :

« L’aigle qui montait jusqu’à l’Olympe païen pour y porter les âmes, en descendait comme imprégné de la faveur des Dieux… Emblème de la grâce d’en haut, l’aigle fut pris par le symbolisme chrétien comme l’un des attributs de la vertu de justice, parce qu’emblème de la puissance qui récompense et punit ».

L’aigle figure également le fidèle qui est disciple du Sauveur. La légende de l’Aigle retrouvant sa jeunesse symbolise la résurrection du chrétien à l’image du Christ, qui après avoir plongé dans la fontaine régénératrice (pour l’aigle) et les fonds baptismaux (pour le fidèle) procure une vie nouvelle. « Le corps, c’est le Christ, divin soleil des âmes, et les aigles sont les fidèles qui s’élèvent vers Lui » D’ailleurs Dante nomme à juste titre Saint-Jean comme « l’Aigle du Christ ». (Charbonneau-Lassay).

Remarquons, que lorsque nous prions, comme dans l’église primitive, les bras en croix en mémoire de la crucifixion, nous tenons également la position de l’aigle avec les ailes déployées, comme pour faire s’élever nos prières jusqu’aux cieux.
Malgré tout, l’aigle ne fut pas toujours symbole du Christ, mais quelquefois de Satan dans la mesure où, en tant qu’oiseau de proie, il est un prédateur, un destructeur. Ceci fit interdire la consommation de sa chair par les Israélites qui la considéraient comme impropre à la consommation.

Voici le résumé de ce qu’a été l’aigle dans le trésor des emblèmes du Seigneur Jésus-Christ, selon Charbonneau-Lassay :

« S’il n’eut jamais la popularité de l’agneau, du pélican, ou du poisson, si ses représentations ont été relativement rares, il n’en reste pas moins l’un de ses emblèmes les plus riches de sens et l’un de ceux qui ont le plus parfaitement relié le symbolisme religieux des anciens paganismes à celui de la religion chrétienne ».

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Bibliographie : Le Bestiaire Divin – Jacques Duchaussoy – Ed. La Colombe.
Dictionnaire des Symboles – J. Chevalier et A. Geerbrant – Ed. Robert Laffont/Jupiter.
Le Grand Livre de l’Héraldisme – Bordas.
Le Bestiaire du Christ – Louis Charbonneau-Lassay – Ed. Albin Michel.
Les avatars du Christianisme – Jacques d’Arès – Ed. J.P. Delarde.

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